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Santé mentale : les RH en souffrance

38 % des RH envisagent de quitter leur entreprise pour se protéger

silhouette femme de dos isolé devant hublot

Premier constat de ce baromètre Teale : en première ligne pour soutenir les salariés, les professionnels RH apparaissent de plus en plus exposés eux-mêmes aux risques psychosociaux

Le score WHO-5 moyen passe ainsi sous le seuil critique de l’OMS (49/100), signe d’un état d’épuisement chronique. « Depuis plusieurs années, nous observons une érosion progressive du bien-être des RH, constate Julia Néel Biz, cofondatrice de Teale. Mais le passage sous le seuil critique de 50 marque un tournant inédit : la fonction RH, dans son ensemble, se situe en zone d’alerte rouge. Concrètement, cela veut dire que les RH n’ont plus la marge de récupération nécessaire pour absorber les chocs successifs : incertitudes, restructurations, tensions sociales, montée en puissance de l’IA. » 

tableau magritte portrait homme sans visage

Une perte de reconnaissance qui érode leur identité

Les RH continuent d’assurer leurs missions au quotidien, mais au prix d’un effort constant qui fragilise leur résilience et leur identité professionnelle. Seuls 64 % des RH estiment que leur travail est reconnu (-11 points par rapport à la première édition du baromètre) et seuls 73 % se disent fiers de leurs réalisations. Pour autant, leur assertivité progresse : 73 % (+4 pts) savent désormais mieux exprimer leurs besoins. « Les RH, malgré les difficultés, ne se résignent pas et c’était déjà une de leurs forces en 2024, ajoute Julia Néel Biz. Ils apprennent à exprimer leurs besoins, à poser leurs limites et à affirmer leur rôleEn d’autres termes, ils veulent peser dans les décisions stratégiques. »

Un isolement des RH en hausse, le lien social en recul

En 2025, seuls 73 % des professionnels RH déclarent entretenir des relations chaleureuses (-14 pts). « Le télétravail a clairement réduit la spontanéité des interactions, mais il n’est pas le seul responsable, observe la cofondatrice de Teale. L’usure du rôle de « tampon » dans un climat social tendu, le manque de reconnaissance et la surcharge de travail alimentent aussi cet isolement. » Un paradoxe pour ces professionnels qui portent la mission de préserver les relations dans l’entreprise. « Si rien n’est fait, cette érosion du capital relationnel deviendra l’un des principaux facteurs de désengagement des RH et, par ricochet, de désengagement des collaborateurs qu’ils soutiennent », prévient-elle.

Former à la régulation émotionnelle pour fidéliser

Enfin, 38 % des RH envisagent de quitter leur entreprise pour se protéger (+5 pts). Ce chiffre, loin d’exprimer une mobilité choisie, reflète une forme de détresse. « Quand près d’un RH sur deux envisage de partir, c’est la colonne vertébrale de l’organisation qui est menacée : culture d’entreprise, gestion des talents, cohésion sociale et transformation sont en jeu », rappelle Julia Néel Biz. Pour éviter cela, cette dernière appelle les organisations à réinvestir dans la fonction RH : soutien organisationnel, rôle stratégique revalorisé, réduction des tâches administratives, formation à la régulation émotionnelle. « Préserver leur santé mentale n’est pas un luxe, c’est une condition sine qua none pour la performance durable et humaine des entreprises », conclut la cofondatrice de teale.